Position adoptée par l’AEEEBSI contre la hausse des frais de scolarité

À la suite du vote en assemblée générale spéciale (AG) qui a eu lieu jeudi le 23 février les membres de l’AEEEBSI ont voté à majorité pour un mandat de grève illimitée dans le but de manifester son désaccord au gouvernement.

Avant de se prononcer sur la grève, les membres ont précisé leur position contre la hausse des frais de scolarité:

Jeudi, le 23 février 2012

Nous, étudiants et étudiantes de l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information (EBSI), sommes contre la hausse des droits de scolarité imposée par le gouvernement libéral. En tant que futurs(es) bibliothécaires, archivistes et autres professionnels(les) de l’information, nous désirons défendre les valeurs de ces professions valorisant la liberté et l’accessibilité à l’information.

Le manifeste de l’UNESCO sur les bibliothèques publiques affirme que les services de bibliothèque publique et d’accès à l’information doivent être accessibles à tous, sans distinction d’âge, de race, de sexe, de religion, de nationalité, de langue ou de statut social . Nous soutenons fermement cette position et désirons l’élargir à l’éducation et à la connaissance. L’éducation est la clé d’une société démocratique et il est de notre devoir de s’assurer qu’elle demeure accessible à toute la population d’aujourd’hui et de demain.

La hausse des droits de scolarité risque de décourager ceux et celles voulant entreprendre des études universitaires, en particulier les étudiants issus de milieux moins favorisés, comme le démontre notre histoire récente. Au début des années 1990, le gouvernement québécois a augmenté de manière significative les droits de scolarité et s’en est suivi une baisse de fréquentation scolaire de plus de 5% . De plus, comme l’a souligné L’Institut Simone de Beauvoir, la hausse des droits freinera particulièrement l’accessibilité à l’éducation des femmes et conséquemment nuira à l’égalité sociale.

Près de la moitié des adultes québécois sont analphabètes fonctionnels, c’est-à-dire qu’ils ont des difficultés à « utiliser l’information afin de fonctionner pleinement au sein de la société et de l’économie » . Nous croyons que l’éducation à tous les niveaux doit être valorisée et rester accessible à tous et à toutes. La hausse exagérée des droits de scolarité, prescrite par le gouvernement libéral, va contre ces principes et aura des impacts désastreux pour l’ensemble de la société québécoise. En effet, dans une société du savoir, une grande diversité de programmes et un taux élevé de fréquentation scolaire aux niveaux supérieurs sont essentiels au développement économique et social.

La hausse des droits de scolarité perpétuera les inégalités sociales en plus de creuser le fossé entre les riches et les plus démunis. Nous, étudiants et étudiantes de l’EBSI, croyons en des principes d’accessibilité, de diffusion, de préservation et de liberté de l’information. Le pilier central de ces valeurs est l’éducation. C’est pour ces raisons que nous nous opposons fermement à la hausse des droits de scolarité.

L’Association des étudiants et étudiantes de l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information
(AEEEBSI)
Université de Montréal

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